*

articles/single.tpl imam

Réhabilitation et religion : un lien de confiance ?

Rencontre avec Ian Lauzon, le scénariste de la série et Hamdi Ben Haissa, un des deux seuls aumôniers musulmans qui parcourt les prisons du Québec

Partagez

L’aumônier et le détenu : une relation amicale et thérapeutique

Dans la saison 2 de Marche à l’Ombre, un nouveau visage se dessine, celui de Olivier Wakil-Tremblay, un jeune ex-détenu musulman radicalisé. La série aborde alors la question de la radicalisation en prison et du rôle de l’aumônier musulman auprès des contrevenants.

L’aumônier de prison, de quelque religion qu’il soit, représente une ressource précieuse de reconstruction de soi pour les détenus, qu’ils soient croyants, pratiquants ou à la recherche d’une oreille attentive.

L’aumônier a l’avantage d’être dans une position liminaire entre l’intérieur et l’extérieur de la prison, puisque sa fonction n’est pas dirigée par le service correctionnel. En cela il apparaît comme une aide sincère, souvent thérapeutique et surtout non soumise aux lois de la surveillance carcérale. En effet, en cas de manquement au suivi psychologique, le détenu voit ses chances de remises de peine supplémentaires amoindrit.

Lutter contre la radicalisation religieuse

  • L’enjeu de la privatisation des aumôniers musulmans

    Le gouvernement conservateur a privatisé les services d'aumônerie en 2012. Employés à temps partiel, les imams sont généralement payés un bas salaire et sont embauchés par une entreprise privée, et non pas choisis par la communauté religieuse.

  • Le danger de l’isolement des terroristes

    Suite aux attentats, la justice remet au goût du jour des sanctions lourdes comme l’isolement forcé. Pourtant, tout détenu est destiné à sortir de prison et doit pour cela être le mieux préparé à sa bonne réadaptation à la société.

    La peine d’isolement peut en effet éviter l’endoctrinement par d’autres co-détenus, mais cette mesure restrictive atténue aussi le lien humain et va à l’encontre du projet de réinsertion du système carcéral.

  • Radicalisation islamophobique

    Les représentants de la communauté musulmane du Québec luttent pour un meilleur accès à des imams qualifiés en prison ainsi que pour un plan d’action contre l'islamophobie.

Les jeunes radicalisés sont en colère contre une injustice qui existe, et la prison ou la maladie mentale sont des coins dans lesquels ils peuvent s’enfoncer.

Hamdi Ben Haissa

Religion et prison

  • Zéro

    ... c’est le nombre de programme dans les pénitenciers fédéraux pour contrer la radicalisation des détenus ou pour « déradicaliser » les jeunes reconnus coupables de terrorisme

  • 86%

    ... c’est le pourcentage d’augmentation du nombre de musulmans dans les prisons fédérales entre 2002 et 2011. Mais ils ne représentent que 4,7 % du total des détenus soit 1 091 détenus selon le gouvernement canadien.

  • 1100

    ... c’est le nombre de conversions à l’islam en prison en 2011, contre 600 en 2001, selon le Service correctionnel du Canada. Néanmoins, depuis 1965, l’Association de rencontres culturelles avec les détenus (ARCAD) constate une hausse générale de la pratique religieuse par les détenus peu importe le culte.